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5. Splendeurs et défis de la relation soigné-soignant en médecine générale

Simon Absil

Médecin généraliste, Université de Namur

Cette intervention analyse et illustre par des exemples vécus la richesse et la complexité de la relation soigné-soignant en médecine générale, en soulignant à la fois ses spécificités, les défis qu’elle implique et la notion de robustesse qui la caractérise.

La relation en médecine générale se distingue avant tout par sa temporalité : elle s’inscrit dans la durée, parfois dès la naissance jusqu’à la fin de vie, et s’adapte à des rythmes de suivi très variables selon les situations cliniques et psychosociales. Elle est également marquée par une proximité géographique et sociale, illustrée notamment par les visites à domicile, qui permettent au médecin de comprendre la maladie dans son contexte de vie réel. Cette immersion confère une dimension profondément humaine à la démarche clinique.

Une approche globale et non paternaliste du soin

Le choix du terme relation soigné-soignant traduit une approche globale du soin. En médecine générale, la consultation ne concerne pas uniquement la maladie, mais aussi la prévention, l’anticipation et l’accompagnement. Le médecin devient expert de la personne autant que de la pathologie, favorisant une relation plus équilibrée et dépassant le modèle paternaliste. La prise en charge de plusieurs membres d’une même famille, parfois sur plusieurs générations, renforce encore cette profondeur relationnelle et l’inscription du soin dans un tissu familial et social.

Ces spécificités exposent toutefois le médecin généraliste à plusieurs défis majeurs. Il doit articuler l’autonomie croissante des patients avec des contraintes multiples – scientifiques, économiques, écologiques et de santé publique – qui peuvent entrer en tension avec leurs attentes. La gestion du refus, notamment face à des demandes inappropriées de prescriptions ou d’incapacités de travail, constitue un autre enjeu délicat, nécessitant une relation de confiance solide pour préserver l’alliance thérapeutique. Le médecin généraliste assume également un rôle central de coordination dans un système de soins de plus en plus fragmenté, tout en intégrant la diversité socio-culturelle des patientèles, qui invite à une posture d’écoute, d’humilité et d’ouverture.

La gestion du refus, notamment face à des demandes inappropriées de prescriptions ou d’incapacités de travail, constitue un autre enjeu délicat, nécessitant une relation de confiance solide pour préserver l’alliance thérapeutique.

Face à ces défis, la médecine générale apparaît comme une médecine de la robustesse, fondée sur la continuité, l’adaptabilité et le pragmatisme. L’exemple de l’hésitation vaccinale durant la pandémie de Covid-19 illustre cette capacité : les médecins ont ajusté leur posture et leur discours à chaque situation, parfois en partageant leur propre expérience, renforçant ainsi une décision fondée sur la confiance. En conclusion, la médecine générale privilégie la robustesse relationnelle et clinique à la seule recherche de performance.

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Ellen VAN STICHEL (synthèse par G. Wieërs)
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Anne BERQUIN (synthèse par G. Wieërs)
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Jean-Michel DOGNE (synthèse par G. Wieërs)
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Dominique BOURG (synthèse par G. Wieërs)
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Relisez la conférence comme si vous y étiez! Retours du colloque 2025 à Namur - synthèse par Grégoire WIEERS (FR)
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