Pascal Ide speaks about addiction

L’addiction: approche médicale, philosophique & théologique

Pascal Ide

Prêtre, médecin et docteur en philosophie et théologie

Cet article résume une partie de la communication présentée à la journée de la rencontre de la Société Médicale Belge Saint-Luc, qui portait sur les addictions, Abbaye de Grimbergen, 21 octobre 2023.


Aujourd’hui et pour la première fois dans notre histoire, « nous sommes dans une société addictive » (1). La « névrose du siècle est bien celle de la dépendance » (2). Le professeur Hendrik Peuskens a abordé les aspects neuroscientifiques de l’addiction et le pasteur Harko IJkema partagera son expérience de suivi de la dépendance à la pornographie et au sexe, qui est l’une des principales addictions comportementales aujourd’hui, donc abordera la perspective pastorale. Pour notre part (3), après un bref état des lieux -A-, nous voudrions aborder le sujet de l’addiction sous deux angles complémentaires : anthropologique -B- et théologique -C-.

A) Un état des lieux

L’addiction pose un certain nombre de questions à la psychiatrie. Limitons-nous à la perspective d’analyse. L’addiction relève-t-elle de la médecine, de la psychologie ou de la sociologie ?

Certaines études plaident en faveur de l’existence non pas tant de causes que de prédispositions innées, peut-être génétiques. « Il n’y a pas de gènes spécifiques, mais plutôt une vulnérabilité génétique commune avec des expressions phénotypiques multiples qui dépendent notamment de l’environnement précoce ». (4)

À côté des facteurs biologiques, l’on trouve des facteurs psychologiques. Si Freud a peu écrit sur les dépendances, il a laissé une étude fameuse sur Le joueur de Dostoïevski (5) où il fait du jeu pathologique – « la toxicomanie sans drogue » aujourd’hui la plus reconnue – le symptôme d’une activité masturbatoire de l’enfant. Ses premiers disciples de Freud (Ferenczi, Abraham, Fenichel, Rado) s’inscriront dans son sillage, alors que d’autres (Winnicott, Mc Dougall, Corcos et Jeammet) proposeront des interprétations nouvelles. Face à ces propositions qui demeurent largement hypothétiques, d’autres processus psychologiques ont été avancés, notamment dans le cadre des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), qui présentent l’avantage d’être largement validées. Par exemple, les joueurs pathologiques agissent mûs par des distorsions cognitives. Ils pensent qu’un simple gain à venir peut compenser toutes les pertes passées : l’espoir en arrive à effacer la différence entre réel et possibilité.

Les joueurs pathologiques pensent qu’un simple gain à venir peut compenser toutes les pertes passées

Aux conditionnements psychologiques se joignent les conditionnements collectifs et sociaux, comme le contexte familial et culturel.

Les TCC faisant appel à la conscience et la liberté, nous sommes au plus près de la perspective éthique. Interviewé sur le texte du Conseil Pontifical pour la pastorale de la Santé sur la drogue, le cardinal Barbarin répondait : « L’Église considère comme insuffisante une approche purement hygiéniste ou sanitaire » et rappelle qu’il est nécessaire de « d’abord éduqu[er] la raison et la volonté » et de « patiemment indiqu[er] le chemin de la liberté et de la responsabilité » (7). Un modèle intégratif honorant véritablement la complexité humaine ne devrait-il pas être non seulement bio-psycho-social (le modèle « trivarié » de Claude Olievenstein), mais aussi philosophique (en l’occurrence anthropologique) et même proprement théologique ?

B) Une interprétation philosophique

Nous emprunterons notre modèle à l’anthropologie d’Aristote, perfectionnée par Thomas d’Aquin et en partie retrouvée par Paul Ricœur (8).

Le plaisir, un surcroît

Pour le philosophe grec, la personne est douée d’un certain nombre de facultés qui sont autant de fenêtres potentiellement ouvertes sur le monde et sur soi (9). Ces facultés ou puissances s’actualisent en différentes opérations. Et celles-ci sont elles-mêmes déterminées par des objets. Par exemple, l’œil (puissance) voit (acte) la couleur (objet). L’intelligence (puissance) pense (acte) les essences des choses (objet). Par son affectivité (puissance), la personne aime (acte) l’autre, plus précisément ce qui est bon chez lui (objet).

Ainsi nos capacités s’accomplissent par ce processus qui leur donne de s’ouvrir à leur objet. Cet acte est autant une action qu’une actualisation, c’est-à-dire un achèvement. Comment ne pas noter que le plaisir n’est pas constitutif de cet acte ? Quand l’intelligence démontre un théorème, elle effectue pleinement sa mission, qu’elle éprouve ou non ce que saint Augustin appelait « la joie de la vérité ». De même, quand mes papilles (faculté) goûtent (acte) la saveur (sucrée, salée, etc.) de l’aliment (objet), elles exercent ce pour quoi elles sont faites, qu’elles y trouvent ou non du plaisir. Celui-ci n’est pas constitutif de l’alimentation. Certes, se nourrir sans y trouver de jouissance n’est ni habituel ni facile et requiert de plus une vigilance particulière dans le choix et la qualité des aliments. Mais la santé de celui qui est frappé, de manière temporaire ou permanente, d’agueusie n’est en rien menacée, alors qu’elle l’est si nous cessons de nous alimenter.

Si le plaisir de la table n’est pas l’objet de la nutrition, c’est donc qu’il est un merveilleux supplément, une surabondance inattendue, un excessus qui rend l’acte encore plus désirable. Il en est de même de tout plaisir – dont le philosophe Aristote disait qu’il est « une sorte de fin survenue par surcroît».

Si le plaisir de la table n’est pas l’objet de la nutrition, c’est donc qu’il est un merveilleux supplément qui rend l’acte encore plus désirable

Application à l’addiction

Le schéma aristotélicien permet de préciser le cadre conceptuel usuellement employé par les neurosciences pour déchiffrer l’addiction qu’est le circuit de la récompense. Nous renvoyons à l’exposé du professeur Peuskens. La perspective scientifique valorise le plaisir qui est la motivation principale et minimise l’objet (qu’elle appelle renforçateur). En revanche, elle est taillée pour expliquer l’apparition (sinon la mise en place) de l’addiction. D’un mot, celle-ci naît du découplage entre l’objet et le plaisir, en vue de garder le second et d’écarter le premier.

En effet, avant d’être une pathologie de la liberté, l’addiction est une maladie du plaisir. Comment maximiser les gratifications ? En les renouvelant. Toutefois, cela ne suffit pas. Même en variant les plaisirs gustatifs, demeure un couperet menaçant : la prise de poids, et les effets secondaires liés à l’obésité. Une seule manière alors d’éviter ces conséquences désastreuses : remplacer le sucre par la sucrette. La méthode ne date pas d’aujourd’hui. À l’époque de la décadence de Rome, les riches aristocrates oisifs qui enchaînaient banquet sur banquet, pour ne pas dire orgie sur orgie, inventèrent la technique du vomitorium. Le mot n’est pas très plaisant ; la réalité l’est encore moins. En revanche, la méthode est efficace : ces décadents se faisaient vomir entre les repas pour renouveler leur appétit. Or, le principe de cette technique euphorisante consiste à séparer le plaisir de l’objet qui en est la cause.

Avant d’être une pathologie de la liberté, l’addiction est une maladie du plaisir

Dès lors s’explique l’extension singulière de l’addiction aujourd’hui. En effet, la logique de la sucrette qu’est la dissociation objet-plaisir se retrouve dans tous les domaines. Depuis l’alimentaire (la saccharine est la version moderne du vomitoire) jusqu’au religieux (au fond, le New Age est une technique qui, dans l’expérience spirituelle de la méditation, de la compassion, du pardon, etc., disjoint la joie que ces actes peuvent procurer en s’ouvrant à leur « objet » divin). Plus profondément, notre civilisation se caractérise par l’hyperconsommation. Or, celle-ci est structurée par trois actes : prendre, consommer, jeter. Or, ce qui est consommé est le plaisir ; ce qui est pris puis jeté, c’est l’objet qui l’a procuré. (11)Le chewing-gum permet de mâcher sans avoir les inconvénients de l’avalement, c’est-à-dire la prise de poids. Vapoter sa cigarette électronique, c’est garder le plaisir, en évitant la nocivité de la nicotine. Osons-le dire, dans son usage non médical, la contraception chimique applique à la sexualité le découplage entre d’un côté la jouissance orgastique et de l’autre l’« objet » qu’est la communion et la procréation.

Si le découplage ne transforme pas immédiatement le consommateur en addicté, il le prépare secrètement. Celui-ci tourne en rond au sens figuré comme au sens propre : son acte qui devrait être tourné vers l’objet, voire vers l’autre, est en réalité secrètement tourné vers lui ; ensuite, prisonnier de cet acte, il ne cesse d’y revenir sans pouvoir s’en libérer.

Si le découplage entre plaisir et objet ne transforme pas immédiatement le consommateur en addicté, il le prépare secrètement

Limite

Cette explication anthropologique suffit-elle ? Elle propose une grille de lecture pour comprendre la logique de l’addiction. Elle indique aussi une issue féconde : défocaliser l’attention du plaisir pour la recentrer sur l’objet ; autrement dit, passer de la consommation à la contemplation. Toutefois, cette interprétation ne doit-elle pas être complétée par une autre perspective, d’ordre théologique, qui rend compte de l’extension exceptionnelle de l’addiction aujourd’hui ?

C) Une interprétation théologique

Une étonnante expression de saint Paul évoque la compulsion : « Vous savez que, lorsque vous étiez païens, vous étiez menés, étant entraînés [ἤγεσθε, ἀπαγόμενοι] vers les idoles muettes » (1 Co 12,2). Autrement dit, vous étiez entraînés irrésistiblement vers elles. Et la note de la Bible de Jérusalem explique que l’Apôtre fait « allusion aux phénomènes violents, orgiastiques, de certains cultes païens ». En prétendant offrir le bonheur et l’infini dans le fini, la drogue est, en son essence, la forme moderne de l’idole.

Les paradis artificiels ou le goût de l’infini (Baudelaire)

Donnons la parole à un « pratiquant » qui a mis en mots les maux de la dépendance : Baudelaire. En inventant l’expression devenue célèbre « paradis artificiels », il ne se contente pas de décrire l’état drogué, il en cherche l’origine ultime.

Nous sommes « d’une nature exilée dans l’imparfait et qui voudrait s’emparer immédiatement, sur cette terre même, d’un paradis révélé» (12). Impatient, l’homme substitue au véritable infini divin auquel il est destiné le faux infini de la drogue qui est une vraie finitude. C’est ce besoin d’infini qui pousse à créer « l’Idéal artificiel » qui, pour lui, s’identifie aux « deux plus énergiques substances » (13), le haschisch et l’opium :

« Les vices de l’homme, si pleins d’horreur qu’on les suppose, contiennent la preuve (quand ce ne serait que leur infinie expansion !) de son goût de l’infini ; seulement c’est un goût qui se trompe souvent de route. […] C’est dans cette dépravation du sens de l’infini que gît, selon moi, la raison de tous les excès coupables ». (14)

Ces observations peuvent s’étendre du vin, de l’opium et du haschisch, à tout comportement compulsif, y compris la quête de l’amour – « Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes » (15). Ainsi, déconnecté du véritable infini, « chaque homme porte en lui sa dose d’opium naturel » (16).

Le mal dicte le remède : « Il est certain qu’une élévation constante du désir, une tension des forces spirituelles vers le ciel, serait le régime le plus propre à créer cette santé morale, si éclatante et si glorieuse » (17). Mais le poète en désespère et s’interroge, d’une manière presque gnostique : « la création ne serait-elle pas la chute de Dieu  ? ». (18)

Dieu ou la drogue ? (Ratzinger)

Ce que Baudelaire décrit, Joseph Ratzinger l’inscrit dans un contexte historique. Notre époque se caractérise par deux signes négatifs, le terrorisme et la drogue. De fait, note-t-il, on ne s’étonne pas assez de ce que la tentation généralisée de la drogue soit un phénomène spécifiquement contemporain, ignoré du Moyen Âge et des temps modernes. Dans les années 1960, certains proposaient des explications matérielles : les zones où l’on cultivait le pavot étaient éloignées et il était difficile de s’approvisionner. Mais les observateurs estimaient que cette explication conjoncturelle était insuffisante : « Ces phénomènes [comme la drogue] sont provoqués par des besoins ou des manques plus profonds, dont dépendent ensuite les problèmes concrets d’approvisionnement  ». (19)

L’augustinien Ratzinger émet alors l’hypothèse que la drogue tente, de manière erronée, de combler le vide de l’âme. Or, ce vide est caractéristique de notre temps. En effet, à côté de données plus accidentelles comme la soif d’aventure, un certain conformisme, la drogue exprime d’abord un désespoir face au monde ressenti comme un carcan, inapte à pouvoir exaucer le vœu de bonheur présent en nous : elle est une protestation à l’égard d’une société vécue comme une prison. Or, l’être humain ne veut sortir du fini que parce qu’il est habité par un désir d’infini et un refus d’absolutiser l’immanence :

« La drogue est donc un avertissement qui mène très loin : elle ne comble pas seulement un vide dans notre société qui n’a pas les instruments pour le pallier ; la drogue renvoie à une exigence intérieure de l’être humain qui s’impose sous une forme pervertie si elle ne trouve pas la réponse adéquate ». (20)

La fausse quiétude de la drogue (Augustin)

Le fait que Baudelaire expérimente en sa chair et que Ratzinger observe à l’échelle de son temps, l’anthropologie théologique en donne la cause. Saint Augustin l’a résumé au début des Confessions dans une formule fameuse : « Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi ». C’est un bien commun de la Tradition patristique et médiévale, qui ne fait qu’expliciter le donné scripturaire et qu’Henri de Lubac a retrouvé dans ses études sur le surnaturel : « l’homme passe infiniment l’homme  ». D’un mot, l’homme est (avec l’ange) la seule créature dont la nature ne s’achève que surnaturellement. Ou, traduisant concrètement et personnellement le substantif surnaturel, l’homme est fait pour voir et aimer Dieu.

Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi

Par ailleurs, alors que le coquelicot ou l’araignée sont équipés par dame Nature pour exercer leurs fonctions au sein de leur environnement, l’homme non seulement ne trouve sa fin qu’au-delà de lui, mais il ne l’atteint que par un moyen qui est incommensurable à ses capacités. Pour autant, ni ce but, ni ce chemin ne lui font violence, parce qu’ils l’accomplissent au plus intime, ce qu’atteste en lui une soif qui, elle, s’inscrit au plus intime de sa nature : le désir de Dieu. Dès lors, en remplissant de leur faux plein le vide de l’homme, les drogues trompent temporairement son érôs tou Théou (amour de Dieu), mais bientôt l’affolent et le rendent dépendant.

Le divertissement (Pascal)

Sur le fond de la dialectique augustinienne de la cupiditas (l’amour désordonné de soi jusqu’à la haine de Dieu qui est l’équivalent de « la misère de l’homme sans Dieu ») et de la caritas (l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi qui est l’équivalent de « la grandeur de l’homme avec Dieu »), ce fin connaisseur des errements de l’âme humaine qu’est Pascal s’est aussi approché au plus près du processus addictif . (22) Comme Baudelaire, il a décrit en détail les signes de la dépendance à travers ce qu’il appelle le divertissement (et a montré, une nouvelle fois, qu’elle est d’abord une maladie du plaisir). Comme Ratzinger, il en a vu l’extension potentiellement universelle. Comme Blondel, il en a cherché l’origine dans notre soif inextinguible d’infini. Mais il ajoute une autre clé interprétative : le péché originel. C’est dans la déhiscence et la tension paradoxale entre la grandeur et la misère de l’homme, qui en est la conséquence comme le signe, que s’éclaire au mieux le divertissement et donc l’addiction, qui est toujours une préférence de soi :

L’amour pour soi-même étant resté seul dans cette grande âme capable d’un amour infini, a débordé dans le vide que l’amour de Dieu a quitté

D) Conclusion

Nous avons vu que la psychiatrie adoptait aujourd’hui un modèle complexe « trivarié », en l’occurrence, bio-psycho-social. Nous avons proposé non pas de le critiquer, mais de l’enrichir de deux autres approches : l’une, anthropologique (philosophique), explique l’addiction à partir d’un découplage entre l’objet et sa signature affective, le plaisir ; l’autre, théologique, l’interprète comme le comportement substituant les paradis artificiels à « la vie éternelle » (Jn 17,3), le « mauvais infini » de la drogue au seul Infini apte à donner le repos à son « cœur inquiet ». Il semble aujourd’hui nécessaire, pastoralement et même médicalement, de proposer de l’addiction une approche résolument plurielle : biologique, psychologique et sociologique, mais aussi éthique et religieuse (ou spirituelle).

Addiction interprêtée à partir d’un découplage entre l’objet et le plaisir ; et comme le comportement substituant les paradis artificiels à la vie éternelle, la drogue au seul Infini apte à donner le repos à son cœur inquiet

Références

  • 1 Yves EDEL, « Addictions », Laurent LEMOINE, Éric GAZIAUX et Denis MÜLLER (éds.), Dictionnaire encyclopédique d’éthique chrétienne, coll. « Dictionnaires », Paris, Le Cerf, 2013, p. 59-69, ici p. 66.
  • 2 Michel LEJOYEUX, Du plaisir à la dépendance. Nouvelles addictions, nouvelles thérapies, Paris, Éd. de la Martinière, 2011, p. 8-9.
  • 3 Cet article résume une partie de la communication présentée à la journée de la rencontre de la Société Médicale Belge Saint-Luc, qui portait sur les addictions, Abbaye de Grimbergen, 21 octobre 2023. Pour une approche beaucoup plus détaillée et référencée, cf. Pascal IDE, « L’addiction, une maladie théologale ? Propositions pour un modèle intégratif », Nouvelle revue théologique, à paraître.
  • 4 Éric CORBOBESSE, « Toxicomanies », Vassilis KAPSAMBELIS (éd.), Manuel de psychiatrie clinique et psychopathologique de l’adulte, coll. « Quadriges manuels », Paris, P.U.F., 2012, p. 731-754, ici p. 735.
  • 5 Cf. Sigmund FREUD, « Dostoïevski et le parricide [1928] », Revue française de psychosomatique, 39 (2011) n° 1, p. 109-125. En ligne sur cairn. info
  • 6 Cf., par exemple, G. Alan MARLATT et Denis M. DONOVAN (éds.), Prévention de la rechute. Stratégies de maintien en thérapie des conduites addictives, trad. Daniela Dunker Scheuner, Juan Lopez et Olivier Simon, Chêne-Bourg (Suisse), Éd. Médecine & hygiène, 2008.
  • 7 Propos recueillis par Michèle Pruvot, http://www.drogue-danger-debat.org/ Cf. CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PASTORALE DE LA SANTE, Église, drogue et toxicomanie. Manuel de pastorale, trad. anonyme, coll. « Documents d’Église », Paris, Bayard, Centurion, Fleurus-Mame, Le Cerf, 2002.
  • 8 Sans entrer dans le détail, disons seulement que la notion de dunamis chez Aristote converge avec celle de « capabilité », dont Paul RICŒUR pose les fondements dans Soi-même comme un autre, coll. « L’ordre philosophique », Paris, Seuil, 1990 (10e étude), est développée ultérieurement et enrichie par celui de vulnérabilité (cf. Pascal IDE, « La vulnérabilité à la lumière de la dynamique du don », Revued’éthique et de théologie morale, 319 [2023], p. 101-117).
  • 9 Cf. la synthèse dans THOMAS D’AQUIN, Somme de théologie, Ia, q. 77, a. 1.
  • 10 Il ajoute cette belle image : « de même qu’aux hommes dans la force de l’âge vient s’ajouter la fleur de la jeunesse » (ARISTOTE, Éthique à Nicomaque, L. X, 4, 1174 b 32, trad. Jules Tricot, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des textes philosophiques », 31972, p. 496).
  • 11 Cf. Pascal IDE, Puissance de la gratitude. Vers la vraie joie, Paris, Éd. de l’Emmanuel, 2017, p. 60. Cf. chap. 4-6.
  • 12 Charles BAUDELAIRE, « Notes nouvelles sur Edgar Poe », IV, Œuvres complètes, éd. Claude Pichois, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Paris, Gallimard, 2 volumes, tome 2, 1976, p. 334.
  • 13 ID., « I. Le goût de l’infini », Le poème du haschisch, tome 1, 1975, p. 403.
  • 14 Ibid., p. 402 et 403.
  • 15 ID., « La destruction », Fleurs du mal, CIX, p. 111.
  • 16 ID., « XVIII. L’invitation au voyage », Le Spleen de Paris, p. 303.
  • 17 ID., « I. Le goût de l’infini », p. 401.
  • 18 ID., Mon cœur mis à nu, XX, tome 2, p. 689.
  • 19 Cardinal Joseph RATZINGER, Un tournant pour l’Europe ? Diagnostics et pronostics sur la situation de l’Église et du monde, trad. inconnue, Paris, Flammarion, Saint-Augustin, 1996, p. 14. « Il est à peu près avéré que c’est le désir de drogue, plus que sa disponibilité, qui conditionne sa consommation » (Guy SORMAN, Le bonheur français, Paris, Fayard, 1995, p. 116).
  • 20 Ibid., p. 16.
  • 21 Blaise PASCAL, Pensées, éd. Lafuma n° 131.
  • 22 Pour le détail, cf. site pascalide.fr : « Le divertissement pascalien, clé de l’addiction ».
  • 23 Blaise PASCAL, Lettre aux Périer, 17 octobre 1651, Œuvres complètes, éd. Michel Le Guern, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » n° 34, Paris, Gallimard, 1998, 2 vol., tome 2, p. 20.